Deauville — Ouistreham. Carnet de bord.

On est partis de Deauville à deux, cap sur Ouistreham. Le vent était timide, ces petites risées molles qui ne promettent pas grand chose. On a quand même envoyé la 80m². Et là, première bonne surprise : on tient le près dans 6 nœuds de vent réel. Six nœuds. On savait que la surface de voilure changeait la donne, mais le voir confirmé sur l’eau, c’est autre chose.

En milieu de matinée, le vent tombe complètement. On mouille devant Dives-sur-Mer en attendant la brise prévue l’après-midi. Mon équipier en profite pour faire sa première baignade de l’année. L’eau devait être fraîche.

La brise arrive. 10 à 12 nœuds, mer formée, Hedwige qui accélère. On enchaîne les bords, on compare les deux voilures d’abords 40m² puis 80m². Le bateau répond bien, la journée tient ses promesses.

Devant Ouistreham, le vent est monté à 15-18 nœuds. On tente un départ de trop et là, erreur de séquence de ma part. Pendant l’affalage qui suit, une barre de flèche lâche. C’est la petite pièce horizontale à mi-mât qui maintient les haubans écartés et le mât sous tension latérale. Le mât est resté debout, pas de casse structurelle. On rentre au port.

Le démâtage s’impose pour réparer. Autant en profiter pour avancer sur plusieurs fronts à la fois. Au programme : remplacement de la barre de flèche, installation de deux batteries 100Ah, câblage complet de l’électricité, antenne VHF, AIS, réflecteur radar et feux de tête de mât. Et une trappe étanche sur les fixations des sous-barbes (deux ferrures vissés dans le coque et qui retiennent le tangon) pour rendre Hedwige un peu plus hauturière. Le bateau progresse par strates, chaque sortie révèle le prochain chantier.

Côté équipement, on récupère aussi un pilote automatique de barre franche (offert par quelqu’un de généreux). Pas du matériel de course, mais suffisant pour tester sans tenir la barre en permanence à deux.

On rentre avec une joblist longue comme un jour sans vent mais avec le sourire aux lèvres.