En 2022, une voiture renverse Julien Hatin à Deauville. Deux ans d’opérations. Deux ans à se reconstruire. C’est là, pendant cette traversée du désert, que tout bascule.
Lors d’une assemblée générale de son sponsor, il rencontre Yves Parlier. Le marin qui a gagné la Mini Transat avec le premier bateau carbone au monde. Le fondateur de Beyond the Sea, dont le LibertyKite est aujourd’hui embarqué sur les Imoca comme système de secours en cas de démâtage. Ce jour-là, Yves pose une question que personne n’avait encore posée sérieusement : et si on mettait une aile de kite sur un bateau de course ?
« C’était un rêve depuis longtemps. Yves m’a convaincu que c’était réalisable. »
Quelques semaines après, Julien rappelle. Beyond the Sea rejoint le projet. L’équipe récupère une vieille coque inachevée — ni quille, ni bulbe, ni mât — et construit tout avec des chutes de chantier et du carbone invendu. Budget total : 12 000 euros. Ils partent tester à Arcachon. Puis en Manche. Puis dans trente-cinq nœuds de vent, où le bateau plane et où le foil du safran soulage la carène.
Ce bateau bricolé vient de prouver quelque chose que personne n’avait encore prouvé.
La presse nautique mondiale publie. Voiles & Voiliers consacre un article au projet en février 2025. Les réels du projet tournent jusqu’à 1,5 million de vues — sans agence, sans budget, uniquement parce qu’un bateau à cerf-volant qui navigue génère une fascination naturelle et immédiate.
« Je trouve ça magique dans le monde de la voile, d’avoir encore des skippers qui ont des idées, qui les mettent en œuvre, et qui gagnent parce qu’ils ont des concepts brillants. C’est ça, l’esprit Mini. »
Le prototype de course n’existe pas encore. Il attend son premier partenaire titre — celui dont le nom sera associé à ce bateau dès sa naissance, avant même que la coque existe, avant que l’Atlantique soit traversé.
Ce bateau n’attend que vous.